Réaction de Robert Lepage au coupures

Décidement, mes sujets s’imbriquent sans le vouloir. Mon dernier billet parlait du Moulin à Images de Robert Lepage, et la plupart des précédents sont sur les coupures fédérales. Voici donc la fusion idéale, le discours qu’a prononcé Robert Lepage mercredi dernier à Québec pendant la manifestation contre les coupures dont voici un extrait (pour l’intégral, cliquer sur le discours):

La chasse aux artistes

« Depuis le début de la saison de la chasse aux artistes, le 8 août dernier, des voix extraordinairement diverses se sont élevées un peu partout au Canada pour souligner la profonde bêtise des coupures de programmes de soutien à la culture annoncées à répétition par le gouvernement conservateur.
Depuis le début de la saison de la chasse aux artistes, le 8 août dernier, des voix extraordinairement diverses se sont élevées un peu partout au Canada pour souligner la profonde bêtise des coupures de programmes de soutien à la culture annoncées à répétition par le gouvernement conservateur.

Des pages éditoriales des grands quotidiens jusqu’aux regroupements d’artistes en passant par le Conseil des Arts du Canada ou le Conference Board, des arguments excessivement bien documentés ont fait ressortir l’importance économique, diplomatique et identitaire de la production artistique québécoise et canadienne »

Venez savourer la culture

Ce matin une analogie m’est apparue, la culture est une immense cuisine. Il y en a pour tout les goûts même ceux qui n’ont pas de goût ! Quand je dis culture, je fais référence au spectacle vivant en particulier.

Il y a des petits restaurants de quartier sympathiques pas chers comme il y a des petits théâtres de poche, des petits bars qui font dans lerock, le blues et la chanson. On connait le patron, on se sent à l’aise.

Il y a les resto plus grands, la cuisine est y toujours de qualité, français, japonais, thai etc…comme il y a des spectacles plus grands sans être démesurés, ils sont toujours à l’échelle humaine. On les fréquentes moins mais on est toujours content d’y aller de temps en temps.

Il y a les grands spectacles, les grandes compagnies, la Place des Arts, l’OSM, les Grand Ballets Canadiens, le Cirque du Soleil comme il y a des grandes tables. On se fait plaisir une fois de temps en temps, on se fait beau pour une sortie chic en bonne compagnie.

Il y a autant de cuisines et de restos que de types de spectacles, et étonnamment, les prix sont assez similaires. Un bon petit show dans un bar va vous coûter dans les 20-25$ la soirée et une grande sortie chic va dans les 70-100$ la soirée comme dans un grand restaurant.

Et évidemment, il y a le « junk food », mais là c’est la différence entre l’international et l’universel. Ça goûte rien mais tout le monde en mange. No names, sorry (mais j’en pense pas moins !).

Le spectacle vivant, plus on le fréquente, plus on développe son goût. 

Est-ce qu’on pense à vous?

Dans le domaine des arts de la scène, on préfère généralement pas vraiment s’attaquer à la question du positionnement sous prétexte qu’une création est une expression artistique et non une réponse à un besoin. C’est par un(e) responsable des communications qu’une compagnie ou un lieu d’accueil véhicule son image. Et pourtant, toutes les communications véhiculent un positionnement et une image. La reflexion doit être faite avant de lancer le processus de communication.

Je viens de terminer l’excellent livre ‘Positionning’ de Al Ries et Jack Trout. Ce livre n’existe malheureusement pas en français mais est très facile à lire si vous n’êtes pas complètement bilingue. Dans les années ’70, Ries a non seulement créé le mot positionnement dans un contexte corporatif mais aussi le fameux 4 P du marketing. Aujourd’hui il rajoute 3 lettres au « 4 P », R-S-T, research, segmentation and targeting. Ce livre est du gros bon sens  et non une étude réservée aux MBAs. Il ne traite pas de la spécifiquement du secteur culturel mais la communauté à beaucoup à apprendre sur le sujet. Nous avons une compréhension générale et instinctive du concept de positionnement mais il est préférable d’aller à la source.

Nous vivons dans un monde débordant de millions de communications quotidiennes, il y a un embouteillage constant dans notre cerveau. Tout le monde veut nous parler. The communication problem is the communication itself comme il dit.  Je vous livre ici quelques extraits qui m’ont frappé:

– Out of mind, out of business (hors de l’esprit, plus en affaire)

– It should not be sold ‘in spite of’ but ‘because of’ (cela ne devrait pas être vendu en dépit de…mais parce que)

– The perception is more important than the message (la perception est plus importante que le message)

– J’aime bien celle-là: « don’t work harder, work smarter » (ne travaillez pas plus fort mais plus intelligement) 

Vous pensez que le positionnement ne vous concerne pas ? Rappelez-vous qui vous devez convaincre:

– L’acheteur du spectacle

– L’acheteur de billet

– Les subventionneurs

– Les médias

– Votre propre équipe, artistes, techniciens, administration

 – Les partenaires (sponsors pour nos amis français) potentiels

Il y en a surement plusieurs autres mais ça vous donne une idée. 

Ça en fait du monde n’est-ce pas ?