Le marketing de la contestation

Lors de la manifestions contre les coupures fédérales, un manifestant arborait une pancarte avec une photo de Harper habillé en Hitler et un Bush avec un brassard nazi.

Devinez quelle photo se retrouve à la une de plusieurs journaux ce matin ? Evidement la belle pancarte dudit manifestant. Est-ce que cela sert la cause ? Poser la question est y répondre. Tout d’abord, il faut comprendre que les médias ne vendent pas de l’information mais du drame. Ils vont toujours chercher quelle est l’image la plus provocante pour vendre leur canard, surtout si c’est en première page.

Ensuite, l’utilisation de symboles aussi lourds que le nazisme et l’holocauste pour une cause à des lieux de ce fait historique banalise justement le fait historique en question. Pour avoir longtemps vécu en Europe, je puis vous assurer que ces symboles sont lourds de sens dont personne n’a oublié et ils sont rarement utilisés pour tout et pour rien.

L’autre aspect du problème est (et n’oubliez jamais ceci) : LA PERCEPTION EST PLUS IMPORTANTE QUE LE MESSAGE. Comment l’opinion publique vat’elle percevoir une image aussi provocatrice ? Encore heureux qu’il n’y avait pas de jongleurs en dreadlocks et de tam-tameux enfumés que l’on retrouve habituellement dans ce genre de manifestations (j’ai rien contre les tams-tams enfumés, mais sur le Mt-Royal SVP).

Brefs, vous n’etes pas content, pensez à l’image que vous allez projeter si vous voulez que le message recoive l’appui de l’opinion publique. Mettez devant les cameras et médias des images fortes mais conséquentes.

Gil Courtemanche et manifestation contre les coupures le 27 août

Je n’ai encore jamais dit dans mon blog tout le respect que j’ai pour Gil Courtemanche, auteur (Un dimanche à Kigali) et chroniqueur dans Le Devoir les samedis. Il est à mon avis, un des esprit lucide et critique de la gauche québécoise. Samedi dernier, il exposait brillament sa lecture de la vision politique culturelle canadienne du Parti Conservateur. Voici un extrait de « La Ministre de l’Inculture » :

Sur le fond, on devine des motivations cachées. Plusieurs des programmes abolis subventionnent des formes de création culturelle que certains pourraient qualifier de marginales ou d’avant-garde. Des bastions conservateurs proviennent des commentaires qui trahissent, non pas une volonté de bonne gouvernance et d’efficacité financière, mais plutôt un désir de «nettoyage culturel», de priver de soutien gouvernemental tout ce qui ne correspond pas aux normes conservatrices de la morale et du bon goût.

Cette décision doit être replacée dans le contexte de l’infâme clause qui voulait interdire le financement de certains films pour «atteinte» aux bonnes moeurs. On veut condamner à la marginalité absolue les artistes hors normes ou les formes moins populaires de création, comme les nouveaux médias ou la danse contemporaine. Voilà une forme de censure proactive. Mais si on s’arrête un moment pour y penser, l’attitude de Mme Verner ne surprend pas. Elle trahit et symbolise tout à la fois le rapport que ce gouvernement et le parti entretiennent avec la culture et les arts. La culture est une affaire de snobs, de marginaux et de rebelles qui ne partagent pas les valeurs de la société. Elle est un produit de luxe comme le caviar et le champagne. Pour ces gens-là, comme dirait Brel, leur chemin culturel s’est terminé avec la disparition de La Petite Maison dans la prairie de nos écrans de télévision et la perte de popularité de la valse.

Je vous encourage à lire la chronique au complet.

Mercredi prochain, nous ne resterons pas les bras croisés et j’espère que  vous viendrez en grand nombre manifester contre ces coupes sauvages à la SAT à Montréal.

Arrêter de couper sinon on va ressembler à un cure-dent !

La nouvelle de ce matin dans La Presse. La SAT et l’INIS goûtent à leur médicine aussi.

Ça commence à ressembler à un génocide culturel.

Lire aussi l’excellent éditorial de Bernard Descôteaux dans Le Devoir d’aujourd’hui, il y a de quoi s’inquiéter. Voici un extrait:

La réalité, c’est tout simplement que les conservateurs n’aiment pas les artistes. Ils ne s’intéressent pas à la culture, point à la ligne. Cela n’a pourtant pas toujours été vrai. Avec Marcel Masse comme ministre chargé des questions culturelles, le gouvernement de Brian Mulroney a été l’un des gouvernements les plus actifs en cette matière à Ottawa. Josée Verner, qui au Patrimoine occupe aujourd’hui les mêmes responsabilités que celles qu’avait M. Masse, est l’antithèse de celui-ci. Elle est une ministre muette. Elle fait tout pour éviter les tribunes publiques. Et bien sûr, elle s’est gardée d’expliquer ces deux décisions. Pourquoi ce silence? Est-ce qu’elle n’a rien à dire? Est-ce parce qu’elle ne croit pas aux arts et à la culture comme éléments définissant l’identité canadienne? Dans les milieux culturels québécois comme canadiens, on le croit.

Pour un gouvernement qui va bientôt aller en élection et qui cherche à rallier les québécois de leur bord, on peux pas dire qu’ils utilisent une stratégie de séduction.