La vente et la diffusion spectacles

Me revoila de retour à Montréal après une courte semaine passée en France. J’ai rencontré quelques clients, visité des salles (dont Le Quai d’Angers – wow !). Vu la pièce Nos enfants nous font peur quand on les croise  dans la rue,  de Ronan Chéneau et mis en scène par David Bobee. J’ai beaucoup aimé, oui l’auteur est fâché mais il a bien raison.

Ensuite, j’ai vécu un(e) (g)rêve général(e), ils sont très fâchés et ils ont bien raison. J’ai fini au Festival Mondial du Cirque de demain, ils n’étaient pas fâché mais moi j’étais un peu déçu. C’est la première fois que j’assistais au Festival depuis son déménagement du Cirque d’Hiver au grand chapiteau du Phenix et j’aime pas vraiment. Je m’ennuie du Cirque d’hiver. La pente des gradins n’est pas assez accentuée, le chapiteau trop grand, trop de logse près de la piste (env. 8 mètres de large). Bref on ne voit  vraiment pas bien dans les gradins et on perd cette proximité que l’on aime tant en chapiteau.

Il y a quelques temps que je voulais mettre ce powerpoint en ligne, c’est une formation d’une journée complète que j’ai donné récemment pour CINARS

Il serait temps que je trouve d’autres templates de powerpoint !

Le CINARS est dans deux semaines et j’y serais !

CINARS est un organisme qui organise tout les deux ans une rencontre entre acheteurs de spectacles internationaux et compagnies artistiques. C’est une plateforme exceptionnelle pour ce faire connaître, pour monter un réseau de contacts internationaux de programmateurs de salles et de festivals. Dans ce type de rencontres, j’ai toujours réussi à rencontrer des gens qui sont plus difficile à rejoindre en temps normal.

J’ai fait mon premier CINARS il y a maintenant 20 ans (ça nous rajeunit pas) comme bénévole à l’accueil. Comme je commençais dans le domaine, je n’aurais pas pu avoir meilleure entrée en la matière. J’ai sympathisé avec un tourneur pour qui j’ai ensuite travaillé pendant 5 ans ! Si vous avez du temps, CINARS a encore besoin de bénévoles.

De nombreux collègues français hésitent devant ce type de salon, qu’ils soient programmateurs ou bien compagnies. Pour la rencontre APAP à New York, je les comprends car il s’agit vraiment d’une foire commerciale à la limite de l’inhumain mais pas CINARS. C’est un lieu de rencontre à dimension humaine avec des formations très pertinentes.

Je serais donc au kiosque du Cirque Éloize et j’organise aussi une visite pour les programmateurs de l’atelier de Nathalie Claude et son « Salon automate ».

Au plaisir de vous y rencontrer si vous passez par là.

Déterminer le prix d’un spectacle

Quelqu’un est arrivé sur ce blog avec la recherche SEO : « prix d’un spectacle » et cela m’a fait penser qu’on parle rarement de ce sujet un peu délicat.

La réponse classique est le vieux dicton :  » la valeur d’un produit est selon ce que quelqu’un est prêt à payer pour ». Mais la vraie réponse est nettement plus complexe.

Beaucoup de facteurs déterminent le prix de vente d’un spectacle. Je ne parle pas ici du prix du billet, même si cela a de l’impact sur le prix de vente initial.

Beaucoup d’artistes et de producteurs oublient de considérer cet élément en premier lieu avant même la création,car c’est le prix de vente du spectacle qui va déterminer:

– les coûts de création et de production

– le marché de salles à qui on s’adresse (petites, moyennes, grandes, subventionnées ou non)

– l’investissement en promotion et développement

Combien de fois ais-je vu des artistes ou producteurs créer leur spectacle sans se poser la question et ensuite se retrouver avec un spectacle nettement trop cher pour le marché auquel il sera destiné. Résulat: le bide total. Sans parler aussi de ceux qui créent des spectacles trop gros, avec une équipe trop importante et/ou des besoins techniques trop lourds pour l’accueil.

Bref, pensez bien à votre affaire avant de vous lancer à créer tout azimuth. La virtuosité sur Excell est de rigueur. Faites vos devoirs et assurez-vous que vos chiffres soient non seulement réalistes mais que vous n’avez rien oublié. Voici quelques exemples d’oublis fréquents:

– Amortisssement de la création.

– Amortissement des coûts de conception-fabrication et envoi de matériel publicitaire à l’acheteur (photos, affiche, textes).

– Amortissementt des coûts de conception-fabrication du matériel de vente (dossier de presse, rédaction des textes, graphiste). Même si c’est envoyé en pdf, il faut prévoir un budget.

– Coûts d’un site web et entretien du site (faut bien mettre les dates de spectacle à jour).

– Coûts de développement: salaires, showcases, téléphone (quoique avec Skype, c’est de mieux en mieux), déplacement et rencontre des acheteurs.

– Le prix du pétrole. Et oui, si vous devez faire 2000 km de tournée avec un gros camion bien rempli et un minibus, bonjour la facture.

– L’entreposage du matériel quand la tournée est au repos.

– Les coffres (roadcases ou flight-cases), ça coûte cher.

– Pour les grosses et longues tournées, les coûts de remplacement d’un membre si un membre quitte pour blessure ou abandon.

Ensuite vient le marché:

– Quelle est votre notoriété (« marquee value ») ?

– Quels sont les prix pratiqués pour ce type de spectacle dans un marché donné. Une recherche s’impose. Les salles privées sont moins nanties que les salles publiques. Au Québec (le catalogue RIDEAU donne une bonne idées des prix pratiqués) et en Belgique par exemple, les salles sont partiellement subventionnées, notamment au fonctionnement, mais pas à la présentation. Donc, ils évitent autant que possible de faire des déficits. En France, c’est le contraire, la prise de risque est nettement plus confortable pour les programmateurs publics.

– Combien de représentations ou de temps pensez-vous pouvoir garder le spectacle sur la route ?

– Combien pensez-vous que valent vos billets au guichet ?

– Quelle est la culture d’achat sur ce marché (prix tout-inclus de Joliette à Chibougamau – l’horreur – ou prix + les frais afférants comme le transport, l’hébergement et les per diems, les droits des créateurs et…).

À partir de là, vous pourrez, et même devez, dire à votre équipe de création d’oublier le super-méga décor, les 20 personnes en tournée et les 4 mois de création si vous n’avez pas le marché potentiel.

Toujours partant ? Des questions ?