Financement de projets, à quand un Ulule québécois ?

J’arrive de Paris où j’ai eu le plaisir d’assister à une rencontre professionnelle de nouveau cirque, Fresh Circus organisé par Circostrada. Beaucoup de belles rencontres, je n’ai eu le temps que de voir 1 spectacle, la cie Ivan Mosjoukine, déjanté, décallé et passionnant.

J’ai pu assister à deux conférences, une sur les liens possibles entre le monde des affaires et la culture. J’ai retenu notamment une idée géniale d’une compagnie suédoise, TILLT qui amène les arts de la scène dans des usines. J’aime beaucoup cette idée. Ce sont des projets assez long terme et ils travaillent avec les secteurs des ressources humaines et la recherche et le développement. On oublie souvent que le cirque et les banques viennent du même endroit, saltimbanques et banquiers sur les planches des marchés médiévaux. En cirque, un des gros numéro d’acrobatie de groupe s’appelle d’ailleurs la “banquine”.

L’autre idée géniale que j’y ai vu est un site web français, www.ulule.com, d’appel au  financement de projets de toutes sortes. Les montants cherchés ne sont pas énormes, de 200 euros à 15 000 euros, mais on peut, par exemple, faire financer la musique d’un spectacle, ou des décors. C’est tout simplement génial. Il y a des pré-requis à y placer un projet mais je les trouve tout à fait raisonnables. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une aussi bonne web-idée ! Même Wired a parlé d’eux.

Arts de la scène et écologie et une nouvelle manière de trouver du financement pour la réalisation d’un disque

En tant que citoyen concerné par son environnement, j’ai toujours appuyé et admiré les initiatives, plutôt rares disons-le, dans les actions les moins dommageables dans la pratique de notre métier. J’ai d’ailleurs mis à disposition mes lecteurs de cette excellente étude sur l’empreinte carbone qu’a commandé le groupe Radiohead il y a quelques années.

Je soutien la cause d’Elodie Carré de Paris, qui ‘a demandé d’inclure son lien dans mon blog. Je vous encourage donc de planter un, deux et même plus, arbres. La planète s’en portera mieux et si vous plantez un arbre fruitier, ben dans quelques années, vous aurez des beaux fruits. Tout le monde est gagnant.

Un petit article sur Marie-Paule Belle, chanteuse française un peu sortie du radar, à trouvé une excellente manière de financer son prochain album sans passer par un label avec le site de Akamusic. Cela me rappelle l’histoire du premier album de Richard Desjardins. Après avoir présenté son matériel à des compagnies de disques québécoises sans succès, Il a décidé de demander à ses spectateurs de devenir coproducteurs en pré-achetant le disque moyennant 20$. Il a ainsi amassé les 10,000$ dont il avait besoin. Son 1ier album c’est vendu à plus de 100 000 exemplaires et la chanson “Quand j’aime une fois, c’est pour toujours” a été reprise avec grand succès par le barde national français, Francis Cabrel !

.

Le marketing du théâtre, une rare thèse de maîtrise

Les études approfondies en français sur le marketing des arts de la scène sont très rares. Myriam Jakir, une ex-étudiante de l’Université de Genève en Suisse, a rédigé sa thèse de maîtrise sur le sujet et je salue son travail et d’avoir si bien saisi le milieu dans lequel nous évoluons. Sa recherche met aussi le doigt sur un point qui m’étonne toujours dans mes discussions avec des collègues européens et des programmateurs, la perception erronée du marketing de la culture. La majorité du milieu de la diffusion culturelle francophone européen n’a malheureusement pas encore saisi l’utilisation de stratégies marketing pour l’augmentation de leurs ventes de billets et d’abonnements.

“Les organismes culturels produisent des biens culturels (…). Tous ces organismes commencent à s’apercevoir qu’ils sont concurrencés par une foule d’autres institutions luttant pour accaparer l’attention des consommateurs et une part des ressources nationales, et qu’ils se heurtent donc à un problème de marketing”

Je partage son point que le marketing est au service d’une offre culturelle et non le contraire comme c’est le cas dans les biens de consommations.

Vous pouvez télécharger Maitrise M. Jakir.

La recherche de Madame Jakir est bien documentée, notamment le directeur de la Chaire de gestion des arts, le montréalais François Colbert dont vous pourrez lire un résumé de son travail ici.

Donc, bravo à Madame Jakir et j’espère que ce document sera lu et échangé par vous.

Bientôt la fin des courriels ?

Depuis 1 an j’entends fréquemment revenir cette phrase que le courriel est sur sa fin. Mon ami chez IBM me dit la même chose et reçoit de moins en moins de courriels et de plus en plus de messages directs. La jeune génération semble plus intéressée à l’échange direct, le chat Facebook, Skype etc…

Difficile à imaginer quand, professionnellement, j’ai besoin de classer les conversation pour y revenir régulièrement, je me questionne sur la question.

La lecture de cet article dans Le Devoir de ce matin vous en diras plus long. En voici un extrait:

La mort va être lente, mais elle semble programmée. Le courriel, cet outil de communication qui a vu le jour avant l’Internet, en 1965, dans un laboratoire du Massachusetts Institute of Technology (MIT), serait de plus en plus menacé d’extinction par la modernité.

C’est en tout cas ce que laisse croire la plus récente lecture du présent numérique faite par la compagnie ComScore aux États-Unis. Une lecture qui expose sans ambages une désaffection profonde du courriel par la plus jeune génération — tout comme par quelques anciens — au profit des échanges plus instantanés que permettent les réseaux sociaux. Entre autres. Et du coup, un incontournable de la communication numérique, utilisé par 66 % des Québécois, se prépare à ne plus l’être.

Bob-Booking à la Bourse RIDEAU

Grosse semaine à l’horizon, une formation en vente de spectacle pour les membres d’En Piste, une association de gens de cirque québécois. J’adore faire ces formations. Ça doit me venir de ma mère qui a enseigné pendant 30 ans. Je considère que transmettre la connaissance une fois que l’on a acquis un très bon bagage est très important.

Et la semaine du 13 au 16 février prochain, c’est à la Bourse RIDEAU à Québec que je me rends, LE rendez-vous du spectacle et de la tournée au Québec. Cela fait juste 24 ans que j’y vais et la Bourse fête cette année son 25e anniversaire !  J’y aurais un kiosque pour y présenter les trois compagnies que je représente actuellement, Cirque Alfonse, Cirkus Cirkör et Omnibus.

Les 15 et 16 février en matinée, Jean-Luc Mirebeau, président et fondateur de Bob-Booking, et moi-même ferons des présentations du logiciel qui s’adresse aussi maintenant à la gestion de la programmation des salles de spectacles et de festivals.

Pour les agents québécois, l’adaptation québécoise est enfin prête et nous avons eu notre premier client cette semaine !

Tout cela est bien excitant !

Publicité Sauvage à 25 ans !

Oui, on peut parler tant qu’on veut de marketing web 2.0, de Facebook, de blogs, d’interactions et de dialogue grâce au web mais bien bien avant tout cela, il existait une excellente manière très économique d’être partout, c’était grâce à l’affichage. Et surtout, grâce à Publicité Sauvage que le pote de ma sœur, Beaudoin Wart, a eu la brillante idée de lancer il y a 25 ans. Et depuis ce temps-là, c’est pas moins de 40 000 campagnes que cette sympathique boite à tapissé le murs de Montréal, souvent en cachette jusqu’à il y a quelques années après avoir gagné le droit de faire se type de pub. En Amérique du Nord, Montréal était le seul endroit ou l’affichage sauvage était permis. J’ai contracté à maintes reprise leurs services pour la pub de mes productions. Ça coutait 800$ pour 1000 affiches couleur en imprimerie et 5 cents pour l’affichage par affiche (me semble) à l’époque. Bref, pour moins de 1200$, on étais sur tous les murs de Montréal. Et quand on avait une très belle affiche en papier glacé, il y avait le service d’affichage dans les resto branchés de Montréal.

Grâce à PS, toutes une génération d’affichiste est née et Beaudoin a eu la brillante idée de garder une copie de chaque affiche. Ils ont choisis les plus belles et 15 expo (oui oui 15 expos) seront organisée dans les mois à venir. À suivre sur le site de  Publicité Sauvage.

Pour terminer, voici un extrait de l’article du journal Le Devoir de se matin:

Une ville sans affiches? Marc Choko préfère ne pas y penser. «Une ville sans affiches est tout simplement impensable. Ce serait une ville grise et froide. L’affiche est un art démocratique par nature, à préserver pour le bien d’une vie urbaine animée, vivante.»

Un logiciel de vente de spectacle pour les agents

Le logiciel base de donnée et processus de vente de spectacle Bob-Booking Amérique du Nord est enfin disponible pour une version d’essai gratuite d’un mois et abonnement.

Cette version québécoise tiens compte des no de TPS/TVQ, des ententes à cachet de base + pourcentage après dépenses et partage des recettes et une multitude d’autres fonctionnalités typiquement québécoises.

Évidemment, il est perfectible mais vous pouvez prendre le démo et le tester pendant vos vacances de Noël. Il comprends déjà des contacts de base qui sont en fait la liste des participants diffuseurs présents à la rencontre d’automne du Roseq de cet année.

Vendre des spectacles est un cycle long. Les recherches des clients types pour un spectacle donné sont souvent fastidieuses. Avec Bob Booking vous arrêterez de crier à tout le monde et pourrez chuchoter dans les bonnes oreilles !

Enfin, un atelier de vente de spectacles à Montréal

Les 7 et 8 février 2012, avec En Piste, je donnerais, avec ma bonne amie Marisol de Santis, un atelier de vente de spectacle et mise en marché. Cet atelier est destiné aux artistes en développement souhaitant vendre leur spectacle. Voici les grandes lignes:

  • Comprendre l’art du Showcase (qu’est-ce qu’un bon extrait de spectacle);
  • Acquérir des outils utiles dans la rédaction de contrats de vente, les lettres d’ententes et les fiches techniques;
  • Identifier les critères d’un outil de promotion efficace;
  • Se familiariser à l’organisation et à la logistique d’une tournée

C’est pas cher (65$) mais ce que je vais vous enseigner vaut de l’or !

Cirkus Cirkör, mauvais cirque ?

Hier soir, en  regardant mes stats pour voir par oü mes gens arrivent (mots clés, google, FB etc…) quelqu’un (e ?) est arrivé sur le blog en tapant Cirkus Cirkör mauvais cirque“. Si cette  personne me lit, j’aimerais bien dialoguer avec.

C’est clair, le nouveau cirque ne fait pas l’unanimité et ne le fera jamais. Ce n’est pas le but. Beaucoup de gens ont de la difficulté à adhérer à cette forme d’art. Il y a d’un côté le poids de la tradition, et de l’autre des spectacles pas toujours facile à faire embarquer le spectateur. Mais je peux comprendre cette personne, Wear It Like a Crown a des petites  faiblesses. Vraiment pas nombreuses, mais elles cassent le rythme de tout ce qui est bon dedans. C’est un spectacle “Tim Burtonien” comme le dit si bien cette excellente critique (comme quoi…), un univers en contraste qui tend vers le sombre avec une touche gothique à l’image de la Scandinavie.

Il en reste pas moins, qu’à la fin de chacune des 6 représentations à La Filature de Mulhouse, le public était enchanté et faisait revenir les artistes sur scène 3 à 4 fois.

Le public français est un public exigeant et c’est tant mieux. L’art d’être spectateurs y est cultivé dès le plus jeune âge et  nous sommes ici aussi dans le pays qui a inventé le nouveau cirque au début des années ’80 avec des Archaos et Cirque Plume. Je suis convaincu que de nombreuses compagnies étrangères dont le Cirque Éloize ont été confrontés et améliorés leur manière de créer des spectacles (les québécois ont quand même un peu de difficulté à l’admettre). C’est moins le cas de Cirkör qui fait carrière depuis 16 ans principalement en Scandinavie et venir en France ne pourra qu’être bénéfique pour la compagnie.C’est tout de même une excellente proposition à des lieux de ce qui se fait ailleurs

Le nouveau cirque ne doit pas aller dans la complaisance, car c’est un lieu de recherche, comme il ne doit pas oublier qu’il joue devant un public comme l’ont trop souvent oublié certains chorégraphes de danse contemporaine. Le cirque doit rester fédérateur, son langage est avant tout acrobatique et clownesque.

Le développement international, ça n’arrête jamais

Grosse semaine qui fini et une autre à l’horizon qui s’annonce pas morne non plus. Je quitte dans 1h pour Genève pour assister à la dernière représentation de ID du Cirque Éloize de la série qu’ils font à Genève. Éloize a encore mis le feu au Lac pour son 4e passage en Suisse en 7 ans. La tournée (que j’ai montée) se poursuit ensuite pendant 3 mois dont un passage de 1 mois au Théâtre National de Chaillot.

J’enchaine ensuite en Alsace, plus précisément à Mulhouse ,retrouver mes nouveaux poulains, Wear It Like  A Crown de la compagnie suédoise Cirkus Cirkör. Wear sera à la Filature de Mulhouse du 6 au 10 décembre et c’est l’occasion pour moi d’inviter de nombreux programmateurs à venir voir et, si tout va bien, cela débouchera sur une tournée française au cours de la saison 2012-13.

Une semaine de prospection = 3 semaines de préparations et 2 semaines de suivi au retour. Tout d’abord ça commence par une sélection importante des programmateurs à qui j’envoie ensuite une invitation. Cette étape est cruciale car cela ne sert à rien d’inviter tout les programmateurs. On choisi la jauge moyenne, le type de budget, les périodes de festival etc. Une fois l’invitation envoyée, une semaine plus tard, suivi téléphonique intense et par courriel. Le défi est grand car il s’agit d’une compagnie relativement peu connue en France et le spectacle est présenté dans une ville située dans une région assez périphérique et peu centrée. Prise de rendez-vous, traçage d’un itinéraire optimal entre Genève et Mulhouse pour faire d,autres rencontres. Idées qui surgissent en cours de route. Décalage horaire avec l’Europe qui a ses avantages, je peux me concentrer à envoyer beaucoup de courriels l’après-midi, et désavantages, à partir de 13h, plus moyen de rejoindre les gens.

À quelques jours du départ, préparation des pochettes de présentation, photocopies, duplication de DVD, assemblage du tout. On en profite aussi pour préparer un envoi postal à aux clients potentiels qui ne peuvent venir ou que ça peux quand même intéresser, pour profiter d’un tarif postal plus avantageux (une enveloppe avec plaquette + DVD pour l’Europe de Montréal = approx 8$. De France et pour la France, env. 2.50$. On fait des étiquettes (le gabarit d’étiquette n’est jamais pareil une fois imprimé), les lettres de présentation (vive la fusion sur Word). On se trompe, on recommence et on se couche tard. Un coup parti, pourquoi pas aussi faire un envoi postal au Qc, car au retour , on pourra faire un suivi… C’est en ce moment que les saisons ce montent et il faut se positionner vite. Pas attendre le printemps, c’est trop tard.

Bref, ça n’arrête jamais mais c’est passionnant.